Mathieu Tremblay reçoit notre rédactrice par visioconférence un matin de mai, depuis ses bureaux de Sept-Îles. La caméra montre derrière lui une carte du Nunavik annotée au crayon-feutre, des dossiers de spécifications techniques empilés sur un classeur, et le ciel gris d’une journée nord-côtière. Il rentre tout juste d’une mission de deux semaines à Kangirsuk où une équipe de trois personnes a remplacé l’alimentation principale du site relais de la coopérative locale. Pour aller plus loin sur le panorama des fournisseurs internet dans ces villages, notre dossier 2026 couvre le panorama complet des fournisseurs internet au Nunavik — Tamaani, Starlink, Xplore, Télébec — avec une analyse village par village.
Pendant près d’une heure, Mathieu nous parle de son métier, des choix techniques qui structurent les déploiements au Nord-du-Québec, et de l’évolution du secteur depuis qu’il a commencé en 2014.
Le métier au quotidien
Claire Vasseur :Mathieu, comment résumeriez-vous votre métier à quelqu'un qui n'y connaît rien ? Beaucoup de gens imaginent qu'un ingénieur télécom passe ses journées dans un bureau à dessiner des schémas.
Mathieu Tremblay :C'est une partie du métier, oui, mais en réalité ça ressemble plus à de la chirurgie d'infrastructure. Vous arrivez dans un village où l'école compte sur sa connexion pour trois cours en direct par semaine, où le centre de santé attend une téléconsultation à 14 h, où la coopérative ne peut pas payer ses fournisseurs si le terminal de paiement saute. Et vous avez deux jours pour remplacer l'équipement défectueux sans casser quoi que ce soit. Ça demande à la fois de la précision, du calme, et une capacité d'improvisation que vous n'apprenez pas à l'école.
Le travail au bureau, c'est la moitié du temps. L'autre moitié, c'est le terrain. Et le terrain au Nunavik, ce n'est pas le terrain à Trois-Rivières.
Claire Vasseur :Quelles différences concrètes avec un déploiement réseau dans une ville du sud du Québec ?
Mathieu Tremblay :Tout. La logistique d'abord. Pour un chantier à Sherbrooke, vous commandez vos équipements le matin, vous les avez le lendemain. Pour un chantier à Salluit, vous commandez en mars pour une livraison fin août. Si vous avez oublié un connecteur ou si vous découvrez sur place qu'un câble est trop court, vous improvisez avec ce que la communauté a sous la main, ou vous attendez la prochaine rotation aérienne — qui peut être annulée par la météo.
Le climat ensuite. À -35 °C, certains équipements simplement ne fonctionnent plus. Les batteries perdent leur capacité, les écrans tactiles deviennent inertes, les composants en plastique se fissurent. Vous apprenez très vite à choisir vos équipements en fonction de leur plage de température opérationnelle plutôt que de leur prix ou de leur fiche technique théorique.
Et puis l'humain. Vous travaillez avec des communautés qui ont leur propre rythme, leur propre culture, leurs propres priorités. Si vous arrivez en mode chantier urbain où vous voulez tout finir pour vendredi midi, vous allez créer des frictions inutiles. Le métier au Nord, c'est aussi de la patience et du respect.
Les choix techniques structurants
Claire Vasseur :Vous parliez du froid. Concrètement, comment ça change vos choix d'équipement ?
Mathieu Tremblay :Je vous donne un exemple concret. Pour un onduleur dans une salle technique de centre de santé, vous voulez en théorie de la grosse capacité — disons 10 kVA pour tenir au moins quatre heures sur les serveurs et les équipements réseau. Au sud, on prend un modèle Eaton ou APC standard avec batteries au plomb, on le visse au mur, point.
Au Nord, on doit s'assurer que la salle technique est chauffée toute l'année — y compris en cas de panne du chauffage central, ce qui arrive. On opte souvent pour des batteries lithium qui supportent mieux les variations, mais on doit alors gérer la phase de recharge qui ne peut pas se faire en dessous de zéro. On prévoit un thermostat de sécurité qui coupe la recharge si la température descend trop. Et on documente tout ça avec une procédure que l'équipe locale puisse comprendre et appliquer en cas d'alerte.
Multipliez ce raisonnement par tous les composants — serveurs, switchs, routeurs, antennes, panneaux solaires éventuels, génératrices de secours — et vous comprenez pourquoi un déploiement nordique demande deux à trois fois plus d'études préalables qu'un déploiement standard.
Claire Vasseur :Le pergélisol pose-t-il des problèmes structurels pour vos installations ?
Mathieu Tremblay :Énormément. Le pergélisol est un sol qui reste gelé toute l'année à partir d'une certaine profondeur, mais sa surface dégèle en été. Quand vous installez un pylône d'antenne, vous devez ancrer ses fondations dans la couche stable, pas dans la couche qui bouge. Cela demande des forages profonds, parfois jusqu'à six mètres, avec des chausses thermiques qui maintiennent le sol gelé autour de la fondation.
Les bâtiments anciens construits sur dalle béton sans cette technique se sont souvent inclinés au fil des décennies. Vous arrivez dans un local technique des années 1990, vous posez un niveau à bulle, et vous voyez que tout le rack a basculé d'un degré ou deux. Ce n'est pas catastrophique pour les équipements, mais ça complique les interventions et ça raconte l'histoire du sol qui a bougé.

Claire Vasseur :Le déploiement des constellations de satellites basse altitude — Starlink en tête — a-t-il vraiment changé votre métier ?
Mathieu Tremblay :Oui, profondément, mais pas comme on le présente parfois dans les médias.
Avant les constellations LEO, le défi numéro un était d'obtenir de la bande passante usable. On passait des mois à dimensionner des liaisons hertziennes, à négocier des créneaux satellite géostationnaire, à composer avec des latences qui rendaient certains usages impraticables. Aujourd'hui, on installe une antenne Starlink en quelques heures et on a une connexion utilisable.
Mais ça ne signifie pas que le travail est devenu trivial. Au contraire, les attentes ont explosé. Quand un village avait une connexion à 5 Mbps avec 600 ms de latence, personne n'imaginait faire des téléconsultations en haute définition ou des cours universitaires en streaming. Maintenant que c'est techniquement possible, les communautés veulent — légitimement — bénéficier de ces services. Et notre travail consiste à construire l'infrastructure locale qui rend ces usages fiables et durables : équipements adaptés, redondance, sauvegardes locales, formation des utilisateurs.
Donc oui, le LEO a libéré du temps sur la couche transport, mais il l'a remplacé par du temps sur la couche services. Le métier s'est complexifié vers le haut.
Claire Vasseur :Y a-t-il des écueils spécifiques à éviter quand on déploie une antenne LEO dans un village du Nunavik ?
Mathieu Tremblay :Plusieurs. D'abord l'orientation et le dégagement. Les antennes Starlink ont besoin d'un ciel dégagé sur un cône large. Ce qui semble évident en théorie devient compliqué quand vous avez un bâtiment plus haut à proximité, ou un pylône existant qui crée une obstruction. Il faut faire des relevés sur place, pas se contenter d'une vue Google Maps.
Ensuite l'alimentation électrique. Les antennes LEO consomment 50 à 100 watts en continu, ce qui n'est pas anodin si elles sont sur un site avec batterie de secours. Vous devez dimensionner les batteries en conséquence et prévoir le scénario d'une coupure secteur prolongée.
Enfin la maintenance physique. Les antennes en environnement arctique accumulent du givre et de la neige collée. Certaines ont des résistances chauffantes intégrées, mais elles consomment de l'énergie supplémentaire. Il faut anticiper la routine de déneigement et former une personne sur place qui peut intervenir en quelques minutes — sinon, vous perdez le service en pleine tempête, justement quand il est le plus nécessaire.
Logistique et saisonnalité
Claire Vasseur :Vous évoquez la livraison maritime de l'été. Pouvez-vous décrire le cycle annuel d'un projet ?
Mathieu Tremblay :Janvier-février, c'est la phase de spécification finale et de chiffrage. On confirme avec les organismes-clients les équipements à commander, on finalise les devis, on fait approuver les financements.
Mars, c'est la fenêtre critique de commande. Tout matériel volumineux ou lourd qui doit partir par bateau doit être commandé à ce moment-là pour arriver en juillet ou août au quai du village. Si on rate cette fenêtre, on bascule sur le fret aérien à des coûts trois à cinq fois supérieurs, ou on attend la rotation suivante.
Avril-mai, on prépare les chantiers : plans détaillés, coordination avec les équipes locales, réservation des ressources humaines. On fait aussi les missions hivernales en intérieur, qui ne dépendent pas du dégel.
Juin-octobre, c'est la saison de chantier. C'est intense. Les équipes enchaînent les missions, parfois deux ou trois villages dans un même voyage. Les heures de jour sont longues — on a le soleil à minuit en juin — donc on peut travailler dehors quasi en continu.
Novembre-décembre, on consolide, on documente, on forme les équipes locales sur les nouvelles installations. On commence aussi à parler des projets de l'année suivante.
Claire Vasseur :Comment se déroule concrètement une mission de deux semaines sur place ?
Mathieu Tremblay :L'arrivée se fait en avion, depuis Montréal en général, avec une escale à Kuujjuaq pour les villages plus éloignés. Vous arrivez avec votre équipement personnel et de quoi vivre — la majorité du matériel technique est déjà sur place ou est arrivé par bateau.
Vous logez soit dans une maison de transit gérée par la municipalité, soit dans le bâtiment du client si c'est prévu. Vous travaillez avec un horaire qui s'adapte aux contraintes locales — disponibilité des bâtiments, calendrier de l'organisme, météo. Vous mangez ce qui est disponible localement, ce qui suppose un budget alimentaire significatif parce que les prix au Nunavik sont sans rapport avec ceux du sud.
Vous documentez tout au fur et à mesure : photos, schémas mis à jour, procédures rédigées. Parce que dans six mois, si quelque chose tombe, c'est probablement vous qui aurez le téléphone, et vous aurez besoin de retrouver précisément ce qui a été fait.
Et vous gardez du temps pour discuter avec les gens. Pas pour faire la conversation polie, mais parce que les meilleures idées d'amélioration viennent des utilisateurs qui ont l'expérience quotidienne du système. Un employé de la coopérative qui vous explique pourquoi le terminal sature toujours le mardi matin vous évitera des semaines de diagnostic à distance.
L’évolution du secteur en 2026
Claire Vasseur :Quelles sont les évolutions techniques majeures que vous voyez arriver dans les deux ou trois prochaines années ?
Mathieu Tremblay :Trois grandes choses.
Premièrement, la maturation de Telesat Lightspeed comme alternative canadienne crédible à Starlink sur le segment institutionnel. Aujourd'hui, beaucoup d'organismes du Nord-du-Québec préféreraient utiliser un opérateur canadien, mais l'offre Lightspeed est encore en montée en charge. D'ici 2027-2028, la donne va probablement changer.
Deuxièmement, l'intégration croissante d'outils d'intelligence artificielle dans les services publics — diagnostic médical assisté, soutien éducatif, automatisation de tâches administratives. Cela va augmenter encore la demande de bande passante et de puissance de calcul locale, et ouvrir de nouvelles questions sur l'hébergement des données et leur souveraineté.
Troisièmement, le renforcement progressif des capacités locales en formation aux métiers du numérique. Plusieurs initiatives portées par l'Administration régionale Kativik et par le secteur privé visent à former des techniciens issus des communautés. C'est essentiel pour la pérennité de tout ce qu'on déploie.

Claire Vasseur :La question de la souveraineté numérique des communautés inuit revient régulièrement. Comment se traduit-elle dans votre métier ?
Mathieu Tremblay :Concrètement, par une demande croissante d'hébergement local. Plutôt que de stocker des données sensibles — médicales, scolaires, comptables — sur des serveurs au sud ou aux États-Unis, plusieurs organismes veulent garder ces données physiquement dans leur communauté, sur des serveurs qu'ils contrôlent.
Cela suppose des serveurs locaux suffisamment robustes, des sauvegardes redondantes, et des procédures de gestion qui peuvent être tenues par les équipes locales sur la durée. Ce n'est pas trivial, mais c'est faisable. Et ça correspond à une demande politique forte qui rejoint celle de beaucoup de communautés autochtones au Canada.
Questions rapides : les idées reçues
Claire Vasseur :Quelques questions rapides pour clore. Vrai ou faux : « Au Nunavik, on est encore à l'âge de pierre côté Internet. »
Mathieu Tremblay :Faux, et c'est un cliché qui agace les communautés. Plusieurs villages ont des connexions LEO qui sont meilleures que ce que vous trouvez dans des hameaux ruraux du sud du Québec. Le sujet n'est pas l'absence de technologie, c'est l'inégalité d'accès et la fragilité des infrastructures.
Claire Vasseur :Vrai ou faux : « C'est un métier dangereux. »
Mathieu Tremblay :Plus exigeant que dangereux. Si vous respectez les protocoles — vêtements adaptés, communication régulière, équipement de sécurité, jamais d'intervention seule en zone isolée — les risques sont gérables. Le danger vient surtout de l'imprudence ou de la sous-estimation du climat. Il y a des règles strictes, on les suit.
Claire Vasseur :Vrai ou faux : « Les coûts de déploiement seront divisés par dix grâce au LEO. »
Mathieu Tremblay :Faux. Le LEO réduit certains coûts de raccordement initial, mais l'essentiel du coût d'un déploiement nordique tient à la logistique, à l'adaptation au climat et à la formation locale. Ces coûts ne baissent pas. On gagne en qualité de service, pas en facture.
Claire Vasseur :Vrai ou faux : « Avec l'IA, on n'aura bientôt plus besoin d'envoyer des techniciens sur place. »
Mathieu Tremblay :Faux. L'IA aide à diagnostiquer des incidents à distance, à prédire des pannes, à optimiser des configurations. Mais quelqu'un doit toujours grimper à un pylône, remplacer un onduleur défectueux, tirer un câble, dialoguer avec une équipe locale. Le métier change, il ne disparaît pas.
Claire Vasseur :Vrai ou faux : « Travailler au Nord, c'est pour les jeunes célibataires. »
Mathieu Tremblay :Cliché. J'ai des collègues de tous les âges, en couple ou non, avec ou sans enfants. Ce qui compte, c'est l'organisation des rotations et la qualité du soutien familial. Plusieurs entreprises ont des contrats de deux semaines sur, deux semaines off, ce qui permet une vie de famille équilibrée.
Conclusion : trois choses à retenir
Mathieu Tremblay :Si je devais retenir trois idées de notre conversation pour quelqu'un qui veut comprendre ce métier :
Première chose : déployer des télécoms au Nunavik, ce n'est pas un problème technique mais un problème de système — logistique, climat, humain, gouvernance. Si vous ne voyez que la technique, vous échouez.
Deuxième chose : le LEO a libéré du temps sur la couche transport, mais il a déplacé l'effort vers la qualité de service, la redondance et la formation locale. Le métier ne se simplifie pas, il se déplace.
Troisième chose : les communautés du Nord sont des partenaires, pas des destinataires passifs de notre travail. Les meilleurs déploiements sont ceux qui s'inscrivent dans la durée, qui forment du personnel local et qui respectent les rythmes du territoire. C'est l'approche que défend [Soleica depuis quinze ans](/fr/qui-sommes-nous/), et c'est aussi celle de partenaires comme [Soleica Chalets](https://www.soleicachalets.ca) sur d'autres types d'infrastructure en région éloignée.
Pour aller plus loin, voir notre dossier sur la connectivité au Nunavik en 2026 et notre retour d’expérience sur un déploiement Hyper-V en village isolé.
Pour les projections stratégiques sur l’avenir de la fibre et du satellite dans le Grand Nord, notre entretien avec l’expert Marc-Antoine Desjardins explore les scénarios 2030-2035 — fibre sous-marine, Telesat Lightspeed et souveraineté numérique.
Questions fréquentes
Quelle formation faut-il pour travailler comme ingénieur télécom dans le Nord-du-Québec ?
Un baccalauréat en génie électrique, génie informatique ou génie des télécommunications est la voie classique. Plusieurs DEC en électronique industrielle ou réseaux téléinformatiques permettent aussi d'entrer comme technicien et de progresser. Au-delà du diplôme, l'expérience du terrain en milieu nordique se construit en accompagnant des équipes expérimentées sur plusieurs saisons. La familiarité avec les normes de sécurité hivernale, la lecture de cartes topographiques et les bases d'inuktitut sont des atouts majeurs.
Combien de temps prend une mission technique typique au Nunavik ?
Cela varie énormément selon le chantier. Une intervention de maintenance simple peut tenir en deux jours utiles, mais avec les déplacements et les aléas météo, il faut prévoir cinq à sept jours sur place. Un déploiement complet d'antenne, avec installation de pylône, raccordement électrique et mise en service, demande souvent deux à trois semaines avec une équipe de trois à cinq personnes. Les chantiers majeurs s'étalent sur plusieurs saisons.
Quels sont les équipements les plus difficiles à faire fonctionner dans le froid ?
Les batteries au plomb traditionnelles perdent jusqu'à 40 % de leur capacité à -30 °C. Les batteries lithium souffrent moins en décharge mais ne peuvent pas être chargées en dessous de 0 °C sans risque de dommage permanent. Les disques durs SSD ont des plages de fonctionnement parfois plus restreintes que les disques mécaniques. Les écrans LCD deviennent très lents à basse température. Tout cela conditionne les choix d'équipement bien plus que le simple critère de performance.
Le satellite basse altitude rend-il votre métier plus simple ou plus complexe ?
Plus simple sur la phase de raccordement initial — quelques heures au lieu de plusieurs mois pour obtenir un lien internet usable. Plus complexe sur l'architecture globale, parce que la liaison satellite doit s'intégrer dans un réseau qui inclut désormais des serveurs locaux, des liens hertziens redondants et des secours sur plusieurs technologies. La compétence d'intégration multi-technologies est devenue centrale.
Quelle est la satisfaction principale de ce métier ?
Voir une école qui peut enfin recevoir des cours à distance, un centre de santé qui réussit ses téléconsultations sans coupures, une coopérative qui peut tenir sa comptabilité en temps réel — ce sont des changements concrets dans la vie de communautés qui étaient longtemps à part. Et puis travailler dans des paysages que peu de gens voient, avec des collègues du Nord, dans des conditions où chaque chantier raconte une histoire. C'est un métier humain au sens fort.
Y a-t-il une saisonnalité dans les déploiements ?
Oui, fortement. Les chantiers extérieurs se concentrent entre mai et octobre, parfois jusqu'à mi-novembre selon les villages. L'hiver, on fait surtout de la maintenance corrective, des interventions en intérieur et de la préparation des chantiers de la saison suivante. Le mois de mars est typiquement consacré aux commandes de matériel pour la livraison maritime de l'été, parce que ce qui n'est pas commandé en mars n'arrivera pas avant l'année suivante.
Comment gère-t-on l'éloignement humain de ces missions ?
C'est un vrai sujet, et il faut être honnête sur le fait que ce n'est pas pour tout le monde. Les missions durent plusieurs jours à plusieurs semaines, loin de la famille, avec une connectivité parfois fragile. Les meilleures équipes sont celles qui ont une rotation organisée, qui prévoient des moments de décompression collectifs sur place et qui maintiennent un lien avec les communautés locales au-delà du simple contrat technique. Soleica et plusieurs opérateurs travaillent à structurer cette dimension, qui est aussi importante que la technique.
Personnages illustratifs créés pour cet article — portrait éditorial.